Un événement discret mais capital s’est déroulé le 28 mai 2025 au siège du Port Autonome de Douala (PAD). L’entreprise Africa Ports Development (APD) y a présenté le financement d’un projet susceptible de repositionner Douala-Bonabéri au cœur de la logistique d’une sous-région en pleine effervescence : le Terminal mixte vraquier.
D’un coût de 282 milliards de FCFA, ce projet représente un investissement majeur dans l’avenir. Il est conçu pour transformer le Port de Douala-Bonabéri en un véritable hub logistique de référence en Afrique centrale et au-delà. Cette initiative s’inscrit dans un modèle de partenariat public-privé (PPP) de type BOT (Build-Operate-Transfer), visant à garantir un financement innovant et une durabilité à long terme.
Une Infrastructure Colossale pour des Besoins Croissants
Le projet, qui entre désormais dans sa phase de matérialisation, est d’une envergure impressionnante. En cinq ans, 900 mètres linéaires de quais verront le jour, accompagnés d’un Terminal vraquier de 36 hectares. Les équipements prévus sont conçus pour optimiser la manutention et le stockage : des silos avec des convoyeurs d’une capacité cumulée de 60 000 tonnes, six magasins totalisant 31 000 m², un réseau complet de voiries et un chemin de fer, des pipes pour le gaz, et un système de lutte anti-incendie de pointe.
La nouvelle infrastructure ne se limite pas aux aspects purement opérationnels. Elle comprendra également un bâtiment administratif de 4 000 m², un magasin de stockage de 3 000 m², et un atelier de 3 250 m². Avec une série de silos de stockage d’une capacité de 120 000 tonnes, le port se dote des moyens de répondre aux besoins logistiques croissants de la zone industrielle de Bonabéri et, surtout, des pays enclavés de la sous-région comme le Tchad, la République Centrafricaine, et le Congo. Le premier quai est attendu pour 2028, marquant une étape cruciale vers la pleine opérationnalité de ce terminal.
Vrac Minéralier et Agroalimentaire : Des Enjeux Stratégiques
À terme, ce terminal jouera un rôle pivot pour le vrac minéralier et agroalimentaire. Ces deux secteurs sont des piliers économiques pour l’Afrique centrale. Le transport efficace et le stockage sécurisé de ces marchandises sont cruciaux pour le développement industriel et la sécurité alimentaire de la région. En modernisant ses capacités, Douala se positionne comme un facilitateur essentiel des échanges sous-régionaux.
Au-delà des aspects purement économiques, un tel projet est un moteur de développement social. Il est estimé que le projet générera plusieurs milliers d’emplois dans ses différentes phases, depuis la construction jusqu’à l’opérationnalisation du terminal, contribuant ainsi à la création d’opportunités dans la région.
Le projet du Terminal mixte vraquier de Douala-Bonabéri représente une déclaration d’intention forte, démontrant la volonté de l’Afrique de prendre en main son destin logistique. La mise en œuvre de ce projet devrait être suivie attentivement afin de garantir que l’investissement de 282 milliards de FCFA se traduise par une réussite économique et sociale pour l’Afrique centrale.
